Exposition : LES PRINCES DE RAMBOUILLET.

Afin d’accompagner la réouverture du château de Rambouillet, après deux années de travaux d’embellissements extérieurs, le Centre des monuments nationaux et le Château de Versailles se sont rapprochés pour la mise en place d’une exposition exceptionnelle, Les princes de Rambouillet. Portraits de Famille.

Le château de Rambouillet, prestigieuse résidence

A la fin du XIXe siècle, le domaine de Rambouillet est attribué aux présidents de la République qui en font peu à peu un haut lieu de la vie présidentielle. En cela, nos chefs d’Etats se sont inscrits dans une tradition de longue date. Un siècle plus tôt, le château a déjà acquis ses lettres de noblesse : en 1706, le comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV l’acquiert. A partir de cette date, Rambouillet devient propriété des membres de la prestigieuse famille des Bourbons-Toulouse-Penthièvre. Deux générations se succèdent et n’auront de cesse de faire du domaine « une terre prodigieuse » (Saint-Simon).

 

Le comte de Toulouse (1678-1737)

Le comte de Toulouse - Hyacinthe Rigaud, 1708

 

Fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, Louis Alexandre de Bourbon naît à Versailles en 1678. Légitimé dès 1681, il reçoit la charge d’Amiral de France en 1683 ; Il n’a que cinq ans. Ainsi, dès sa plus tendre enfance, et tout au long de sa vie, le comte de Toulouse accumule charges et prestiges : Il sera trois fois duc et pair (Penthièvre, Chateauvillain, Rambouillet), gouverneur de Guyenne puis de Bretagne, lieutenant général mais aussi grand veneur. Ses contemporains nous laissent de lui l’image d’un homme aimant, soucieux de ses proches - et surtout de son roi -, courageux et doté de grandes qualités morales. « Le comte de Toulouse était l’honneur, la vertu, la droiture, l’équité même », disait de lui Saint-Simon. En 1723, il fait un mariage d’amour avec Marie Victoire Sophie de Noailles, marquise de Gondrin. Le couple s’attache très tôt l’affection de Louis XV qui vient très souvent leur rendre visite en leur principale demeure : le château de Rambouillet. Véritablement épris du lieu, ils s’emploient tous deux à embellir ce beau domaine, où il fait bon vivre loin des intrigues de la cour et de la rigueur de l’étiquette. Il dote notamment la bâtisse d’un nouvel appartement décoré de somptueuses boiseries . Le comte de Toulouse y décède en 1737 au milieu des siens.

 

Le duc de Penthièvre (1725-1793)

Louis-Jean- Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre 
Jean-Baptiste Charpentier, dit le Vieux XVIIIe siècle

 

Fils unique du comte de Toulouse, Louis Jean-Marie de Bourbon naît à Rambouillet en 1725. Il y est élevé par sa mère, Marie Victoire Sophie de Noailles, qui entreprend elle-même son éducation. A la mort de son père, il hérite des charges de Grand Amiral de France, gouverneur de Bretagne et Grand Veneur. Sa fortune est colossale, d’autant qu’il devient également l’héritier direct du duc du Maine, second fils légitimé de Louis XIV. Malgré cela, il demeure dans les mémoires comme le « prince des pauvres », s’attachant sa vie durant à choyer ses proches, et multiplier les œuvres de charité auprès des populations locales. Le duc consacre alors beaucoup de temps à son domaine de Rambouillet, legs qui lui est le plus cher. Il y développe notamment un jardin anglo-chinois, alors à la toute dernière mode.

En 1783, il se voit dans l’obligation de céder le domaine à son cousin, le roi Louis XVI. 

 

Aux côtés d’œuvres importantes comme le portrait du comte de Toulouse en Amour endormi par Mignard ou la célèbre « Tasse de chocolat » de Charpentier, l’exposition présentera des portraits moins connus mais tout aussi évocateurs comme le portrait de la princesse de Lamballe, belle fille du duc de Penthièvre, par Ducreux. Le parcours dévoile ainsi peu à peu la place du Domaine de Rambouillet en ce XVIIIe siècle des Lumières.

 

Fig 1 : Le duc de Penthièvre et sa famille - Jean-Baptiste Charpentier, dit le Vieux - 1768, Château de Versailles
Fig 2 : Le comte de Toulouse sous les traits de l’Amour endormi - Pierre Mignard - 1682, Château de Versailles
Fig 3 : Portrait de la princesse de Lamballe - Joseph Ducreux - 1778, Château de Versailles

 

L’art du portrait au XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle est un moment important dans l’histoire de l’art des portraits. Il est marqué par un véritable âge d’or et le renouvellement d’un genre ancestral.

Au cours du Grand siècle, le portrait se présentait souvent sous une forme rigide et pompeuse. Dès le début du XVIIIe siècle, le mouvement des Lumières imprègne tous les domaines de l’art : le portrait ne fait pas exception. « Etudiez l’antique ou la belle nature » recommande Elisabeth Vigée Le Brun (1755 – 1842), portraitiste favorite de la reine Marie-Antoinette. Cette citation décrit bien l’évolution de l’art du portrait à cette époque :

- Le retour à la nature : Les portraits se font pour beaucoup en extérieur ou recréent un environnement naturel idéalisé 
- Le retour à l’Antique : le néoclassicisme. L’Antiquité, comme la nature, est idéalisée, représentée comme source d’inspiration, comme modèle. 
- L’intimité et la sensibilité au cœur des commandes aristocratiques : Les représentations de la famille et de l’enfance se multiplient. Les portraits de groupe sont très à la mode, inspirés des portraits de groupe flamand du XVIe siècle. Ainsi, peu à peu, le portrait se dessine avec une approche psychologique qui n’existait pas jusqu’alors.
- La forme classique : le portrait d’apparat se trouve également sous une forme classique, par exemple les rois en tenue de sacre. Le portrait militaire, mettant l’accent sur les capacités de chef de guerre du commanditaire de l’œuvre, est très à la mode (par exemple, le comte de Toulouse en grand amiral de France). Ces portraits s’accompagnent de beaucoup de symboles : sceptre, couronne, épée, bâton de commandement, armure, casque, décorations militaires, ... 

 

Le duc de Penthièvre et sa fille - Jean-Baptiste Charpentier, dit le Vieux 1768

Le partenariat Château de Versailles – Centre des monuments nationaux

Le partenariat établi en 2013 entre le Centre des monuments nationaux et le château de Versailles instaure un dialogue entre des collections trop souvent méconnues et des hauts lieux du patrimoine national. Ces expositions temporaires permettent aux deux institutions d’unir leurs ressources afin de donner au plus grand nombre la possibilité de découvrir ou de redécouvrir quelques pages de l’Histoire de France dans le cadre prestigieux des monuments nationaux.

Quatre expositions ont déjà été organisées dans le cadre de ce partenariat :

> Sacres royaux, de Louis XIII à Charles X au palais du Tau à Reims en 2014 
> Le salon de George Sand à Nohant en 2014
> De Versailles à la Motte Tilly, l’abbé Terray, ministre de Louis XV au château de la Motte-Tilly en 2015
> Le goût de la parure au logis royal du château d’Angers en 2016-2017

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